Les mots clés d’une RE2020 réussie : anticipation et collaboration
11/05/2022

Eduardo Serodio fait un point d’étape  sur l’application de la RE2020. Ingénieur énergéticien et co-gérant d’IZUBA énergies, il a été conseil auprès de la DHUP et de l’ADEME dans les travaux préparatoires à la RE 2020 : programme OBEC, co-pilote du groupe de travail GTM RE2020

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Presque 6 mois après son entrée en application, la RE2020 est en phase d’appropriation par l’ensemble de la profession. Une très forte demande de formation émane de la part des acteurs de la maîtrise d’œuvre : bureaux d’étude, architectes, économistes notamment.

Dans ces formations, au-delà de la compréhension des nouvelles méthodes d’évaluation et des exigences, les interrogations se concentrent sur les attributions de chacun et les modes de collaboration à envisager.

re2020 100pxlÉnergie et confort d’été : des objectifs déjà bien appréhendés

Sur le volet énergétique et confort d’été, l’articulation entre les objectifs affirmés de la RE2020, les nouveaux indicateurs et niveaux d’exigence et leurs conséquences en termes de conception sont bien appréhendés. Le renforcement de la performance thermique de l’enveloppe, à travers l’indicateur Bbio, est fort. Pour atteindre les objectifs, les leviers sont à mobiliser le plus en amont possible : implantation, orientation, compacité, taux d’ouverture, puis efficacité isolante et inertielle de l’enveloppe. Une véritable conception bioclimatique du bâti, menée dès l’esquisse soit par l’architecte qui dispose des outils de simulation adéquats, soit en collaboration étroite avec le thermicien.

« Fini la demande d’attestation la veille du dépôt de permis ! Il faut simuler tôt et collaborer. »

re2020 100pxlVigilance sur le confort d’été dans certaines zones climatiques

Dans les zones climatiques a été chaud, la prise en compte systématique des besoins de froid dans l’indicateur Bbio et le nouvel indicateur DH impose une très grande vigilance vis-à-vis du confort d’été. L’équilibre recherché par la RE2020 entre inciter à mieux concevoir sans inciter à tout climatiser est subtil.

« Ici encore, la conception en amont par l’architecte, éventuellement assisté d’un thermicien, d’une enveloppe adaptée aux surchauffes est un préalable indispensable, mais toujours suffisant. »

Des dispositifs de contrôle des surchauffes à haute performances vont devenir des habitudes de prescription : gestion automatique de protections solaires perméables à l’air, brasseurs d’air, rafraîchissement adiabatique, géocooling. Faisons le pari que cette nouvelle exigence va favoriser l’innovation et la démocratisation de ce type de systèmes et non une généralisation de la climatisation.

Une fois l’enveloppe performante en place, les objectifs de diminution et de décarbonation progressive des consommations énergétiques, au travers des indicateurs Cepnr, Cep et Ic énergies, orientent la conception des systèmes par le bureau d’étude. Selon les usages, de nouveaux optimums technico-économiques vont progressivement se mettre en place notamment autour des solutions PAC, hybride PAC-gaz et chaleur renouvelable : bois énergie, solaire thermique.

re2020 100pxl Carbone : toutes les solutions ne sont pas encore trouvées

Sur le volet carbone, l’appropriation par l’ensemble des acteurs est plus délicate, la relative clémence des exigences sur la première période est bienvenue. Chacun doit s’imprégner des fondements méthodologiques de l’ACV, explorer la base Inies, mettre en place les processus de réalisation concrète de l’ACV, acquérir les ordres de grandeur et les retours d’expérience pour positionner dès les premières phases les projets vis-à-vis de l’exigence. L’expérience acquise pendant la phase d’expérimentation E+C- est un atout, mais elle concerne une minorité d’acteurs. De nombreuses questions se posent, surtout pour les opérations d’envergure modeste : quelle valorisation des honoraires pour la réalisation de cette évaluation ? quels contrôles de la complétude de l’étude ? quel suivi en phase réalisation pour aboutir à une vérification effective à réception.

Il apparaît ici encore que les principaux leviers de diminution des impacts se trouvent très en amont : sobriété de la conception, choix des matériaux à faible impact en adéquation avec la fonction.

Tout au long de la conception, une collaboration renforcée entre bureaux d’études fluides, structure, architectes, économistes est indispensable pour agréger la connaissance des quantitatifs et des caractéristiques de tous les ouvrages du bâtiment, nécessaires à l’évaluation environnementale.

La RE 2020 sera une réussite si elle parvient à généraliser cette collaboration précoce et renforcée entre tous les acteurs de la conception à la réalisation. Ces échanges sont indispensables pour concevoir et construire ensemble des bâtiments à la fois performants, confortables en été et bas carbone.

re2020 100pxl Des projets de références menés par nos ingénieurs

Maison Eco Castelet en Occitanie : Construction de 20 logements participatifs avec un niveau BDO Or en phase conception et réalisation.La PAC air-eau collective, retenue pour la production de chauffage et d’ECS avait répondu de façon anticipée aux nouvelles exigences réglementaires RE2020 sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre du chauffage. Encore confidentiel il y a quelques années, ce type d’équipement a vocation a devenir courant en collectif.

Le bâtiment d’IZUBA Energies : même si notre bâtiment a été construit avant l’application de la RE2020, il en demeure aujourd’hui que l’ensemble des choix de conception lui permettraient de passer les seuils de la réglementation et confirme l’importance d’une bonne collaboration entre les acteurs de la maitrise d’œuvre.

 

re2020 100pxl Des outils pour vous aider dans l’application de la RE2020

Pour alimenter votre pratique de la RE 2020, vous pouvez vous appuyer sur les ressources ci-dessous :